LE MONDE
Israël : au lendemain de législatives cruciales pour l’avenir du pays, le vertige d’une Knesset sans majorité
Analyse
Selon des résultats provisoires, mercredi matin, le camp Nétanyahou est en net recul, mais l’opposition, emmenée par Gadi Eisenkot, échoue à détrôner le Likoud, aucun des deux blocs n’étant en position de former un gouvernement. Les partis arabes effectuent une percée historique et pèseront sur les futures coalitions.
Il est rare qu’une élection désigne autant de perdants et si peu de vainqueurs. Au lendemain d’un scrutin marqué par une participation élevée (77,7 %), Israël se réveille, mercredi 28 octobre, avec la perspective d’un pays sans majorité parlementaire évidente, ni gouvernement solide.
La coalition sortante, au pouvoir depuis 2022, subit en effet une défaite du point de vue arithmétique, passant de 64 sièges il y a quatre ans à 54 sièges, contre 48 pour l’opposition, sur 66 % des suffrages dépouillés mercredi, à 10 h 30. Mais le bloc d’opposition rate complètement son pari en faisant probablement un peu moins bien, avec une cinquantaine de députés, sans avoir, de surcroît, réussi à détrôner le Likoud, et donc son leader, Benyamin Nétanyahou, du titre de premier parti. Cette photographie politique demeure toutefois provisoire. Car, si les dépouillements ont avancé dans la nuit, les résultats définitifs ne seront connus que mercredi dans la journée, voire jeudi, une fois collectés l’ensemble des bulletins.
Les seuls vainqueurs du scrutin sont les partis dits « arabes ». Grâce à une participation en très forte hausse dans les villes où habite une majorité d’Arabes israéliens – aussi appelés Palestiniens d’Israël –, leurs deux listes pourraient totaliser, au minimum, 18 sièges, soit près du double de leurs résultats en 2022. Pour la première fois dans l’histoire du pays, leur représentation politique se rapproche de leur poids réel parmi les électeurs (18 %), bousculant les équilibres politiques dans la mesure où aucune des deux coalitions actuelles ne peut, aujourd’hui, se former sans leur aval. « Le chiffre remarquable de la participation électorale dans la société arabe traduit un sentiment de désespoir et de frustration qui s’est mué en espoir », s’est félicité Mansour Abbas, le leader de RAAM, un des
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