Tuesday, October 18, 2022

Au Royaume-Uni, la première ministre, Liz Truss, en sursis (Le Monde)

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Au Royaume-Uni, la première ministre, Liz Truss, en sursis

Le « mini-budget » de la cheffe de gouvernement britannique a été réduit à néant lundi par son nouveau chancelier de l’Echiquier. Donnée sur le départ, la dirigeante a affirmé qu’elle restait à Downing Street, mais sa marge de manœuvre paraît réduite.


Par Cécile Ducourtieux(Londres, correspondante)

Publié aujourd’hui à 00h20, mis à jour à 09h02 

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La première ministre britannique, Liz Truss, à Londres, le 14 octobre 2022. DANIEL LEAL / AP

Liz Truss a le visage fermé, elle regarde droit devant elle, assise à sa place attitrée dans la Chambre des communes. La scène est étonnante, presque pénible : lundi 17 octobre dans l’après-midi, la dirigeante écoute son nouveau chancelier de l’Echiquier (le ministre des finances britannique), Jeremy Hunt, détruire méthodiquement le « mini-budget » qu’elle a défendu avec acharnement depuis qu’il a été rendu public le 23 septembre. Elle est encore la première ministre du Royaume-Uni, mais elle a clairement perdu la partie.

La dirigeante vient d’être privée de sa principale mesure politique, qu’elle avait mise au cœur de sa campagne des primaires conservatrices. Ce sont désormais les marchés financiers qui dictent le tempo au gouvernement et à Jeremy Hunt. Ce dernier, nommé le 14 octobre en remplacement de Kwasi Kwarteng, architecte du « mini-budget » avec Liz Truss, a pris les commandes pour tenter de restaurer leur confiance, perdue après que les investisseurs ont particulièrement mal reçu les projets économiques de Liz Truss – des baisses d’impôts massives non financées. La Banque d’Angleterre a dû intervenir à plusieurs reprises pour soutenir les obligations d’Etat britanniques.

Lire aussi : Royaume-Uni : son plan économique abandonné, Liz Truss s’accroche à Downing Street

Finies les attaques contre une supposée « coalition anti-croissance » dénigrant ses plans ou les rêves de « Singapour sur Tamise » que Liz Truss, une adepte du « moins possible d’Etat et d’impôts », espérait mettre en pratique. La « priorité » du pays est désormais la « stabilité », a asséné le nouveau chancelier de l’Echiquier. Jeremy Hunt, ex-ministre de la santé de David Cameron et de Theresa May, considéré comme un modéré dans les rangs tories, a annoncé l’abandon de la baisse programmée de 20 % à 19 % de la première tranche d’imposition sur le revenu. Il a aussi confirmé le passage de 19 % à 25 % de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, en avril 2023.

« Austérité, saison 2 »

Deux fois candidat malheureux au poste de premier ministre, Jeremy Hunt a même sacrifié une partie de l’énorme plan d’aide de 100 milliards de livres sterling (115 milliards d’euros) annoncé le 8 septembre par Liz Truss, deux jours après son arrivée à Downing Street. Ce mécanisme, visant à limiter en moyenne à 2 500 livres sterling par an les factures d’énergie des particuliers pendant les deux prochaines années, avait été plutôt bien reçu par les médias et les marchés, et la dirigeante s’en prévalait pour éviter les questions gênantes sur le « mini-budget ». Cette aide devrait désormais être limitée à six mois : à partir d’avril 2023, elle ne bénéficiera plus qu’aux ménages les plus vulnérables, a précisé M. Hunt.


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