Monday, April 10, 2023

POLITICO Europe must resist pressure to become ‘America’s followers,’ says Macron Macron incite les Européens à ne pas se penser en “suiveurs” des Etats-Unis APRIL 9, 2023 12:40 PM CET

 POLITICO

Macron incite les Européens à ne pas se penser en “suiveurs” des Etats-Unis

Alors que les tensions entre la Chine et Taïwan s’intensifient, le président français plaide pour l’indépendance vis à vis des positions américaines.

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"Le paradoxe serait que nous nous mettions à suivre la politique américaine, par une sorte de réflexe de panique," a déclaré Macron | Ludovic Marin/ AFP via Getty Images

BY JAMIL ANDERLINI AND CLEA CAULCUTT

APRIL 9, 2023 12:40 PM CET

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Pour Emmanuel Macron, l’Europe doit réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis et éviter d’être entraînée dans une éventuelle confrontation avec la Chine au sujet de Taïwan.


Le président français s’est exprimé sur le sujet lors d’un entretien accordé à POLITICO et à deux autres médias français dans l’avion qui le ramenait d’une visite d’État de trois jours en Chine, quelques heures avant que Pékin ne lance des exercices militaires de grande ampleur autour de Taïwan.


Prenant la parole après avoir passé environ six heures avec le président chinois Xi Jinping au cours de son voyage, Emmanuel Macron est revenu sur son concept fétiche d'”autonomie stratégique” pour l’Europe — dans laquelle la France jouerait, cela va sans dire, un rôle de premier plan. L’objectif : faire de l’Union européenne une “troisième superpuissance”.


Pour le président, “le grand risque” pour l’Europe serait “de se retrouver entraînée dans des crises qui ne sont pas les nôtres, ce qui nous empêcherait de construire notre autonomie stratégique,” a-t-il déclaré à bord du vol présidentiel entre Pékin et Canton, dans le sud de la Chine.


Xi Jinping et le parti communiste chinois ont soutenu avec enthousiasme le concept d’autonomie stratégique d’Emmanuel Macron et les fonctionnaires chinois y font constamment référence dans leurs relations avec les pays européens. Les dirigeants du parti et les théoriciens de Pékin sont convaincus que l’Occident est en déclin, que la Chine est en pleine ascension, et que l’affaiblissement des relations transatlantiques contribuera à accélérer cette tendance.


“Le paradoxe serait que […] nous nous mettions à suivre la politique américaine, par une sorte de réflexe de panique”, a déclaré Emmanuel Macron. “La question qui nous est posée à nous Européens est la suivante […] Avons-nous intérêt à une accélération sur le sujet de Taiwan ? Non. La pire des choses serait de penser que nous, Européens, devrions être suivistes sur ce sujet et nous adapter au rythme américain et à une surréaction chinoise.”


Quelques heures à peine après le départ d’Emmanuel Macron de Canton et son retour vers Paris, la Chine a lancé de vastes exercices militaires autour de l’île autonome de Taïwan, qu’elle revendique comme son territoire mais que les États-Unis ont promis d’armer et de défendre.


Ces exercices sont une réponse à la tournée diplomatique de 10 jours de la présidente taïwanaise Tsai Ying-Wen dans les pays d’Amérique centrale. La cheffe d’Etat en a profité pour rencontrer le président républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, lors d’une escale en Californie. Selon l’entourage d’Emmanuel Macron, celui-ci était satisfait de voir Pékin au moins attendre qu’il soit sorti de l’espace aérien chinois avant de lancer l’attaque simulée d'”encerclement de Taïwan”.


Ces dernières années, Pékin a menacé à plusieurs reprises d’envahir l’île, dirigée par un gouvernement démocratique, et a eu pour politique de l’isoler en forçant les autres pays à la reconnaître comme faisant partie intégrante de la République populaire de Chine.


Macron et Xi ont discuté de Taïwan “de manière intense”, selon l’entourage du président. Ce dernier semble toutefois avoir adopté une approche plus conciliante que celle des États-Unis ou même de l’Union européenne.


La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui a accompagné Emmanuel Macron pendant une partie de sa visite, a dit avoir affirmé à Xi Jinping que “la stabilité dans le détroit de Taïwan est d’une importance capitale” lors de leur rencontre à Pékin jeudi. “La menace d’un recours à la force pour modifier le statu quo est inacceptable,” a-t-elle ajouté.


Xi a répondu en disant que quiconque pensait pouvoir influencer Pékin sur Taïwan se berçait d’illusions.


Emmanuel Macron semble être d’accord avec lui sur ce point.


“Les Européens n’arrivent pas à régler la crise en Ukraine, comment pouvons-nous dire de manière crédible sur Taïwan : attention, si vous faites quelque chose de mal, nous serons là ? Si vous voulez vraiment augmenter les tensions c’est le meilleur moyen de le faire “, a-t-il déclaré.


Selon Yanmei Xie, analyste en géopolitique chez Gavekal Dragonomics, “l’Europe est plus disposée à accepter un monde dans lequel la Chine devient un hégémon régional. Certains de ses dirigeants pensent même qu’un tel ordre mondial pourrait être plus avantageux pour l’Europe.”


Lors de sa réunion trilatérale avec Macron et von der Leyen jeudi dernier à Pékin, Xi Jinping a semblé s’emporter sur seulement deux sujets — l’Ukraine et Taïwan — selon une personne présente dans la salle.


“Xi était visiblement contrarié d’être tenu pour responsable du conflit ukrainien et il a minimisé sa récente visite à Moscou”, a déclaré cette personne. “Il était clairement furieux contre les États-Unis et très contrarié par Taïwan, par le passage de la présidente taïwanaise aux États-Unis et par le fait que des questions de politique étrangère étaient soulevées par des Européens.”


Lors de cette réunion, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont adopté des positions similaires sur Taïwan, selon cette personne. Mais le président français a ensuite passé plus de quatre heures avec le dirigeant chinois, dont une bonne partie seulement en présence de traducteurs, et son ton était nettement plus conciliant que celui de la présidente de la Commission lorsqu’il s’est entretenu avec des journalistes.


Au cours de son entretien avec POLITICO, le président français a également souligné que l’Europe avait augmenté sa dépendance à l’égard des Etats-Unis sur l’armement et l’énergie et devait aujourd’hui se concentrer sur la montée en puissance de son industrie de défense.


Pour Emmanuel Macron, l’Europe devrait également réduire sa dépendance à “l’extraterritorialité du dollar américain”, un objectif politique clé de Moscou et de Pékin.


“S’il y a une accélération de l’embrasement du duopole, […] nous n’aurons pas le temps ni les moyens de financer notre autonomie stratégique et deviendrons des vassaux”, a-t-il déclaré.


La Russie, la Chine, l’Iran et d’autres pays ont été frappés par les sanctions américaines ces dernières années, basées sur une mise à l’écart des circuits économiques et financiers internationaux régis par le dollar. Certains Européens se sont plaints de la “militarisation” du dollar par Washington, qui oblige les entreprises européennes à renoncer à leurs activités et à couper leurs liens avec des pays tiers, sous peine de sanctions secondaires paralysantes.


Assis dans la cabine de l’Airbus présidentiel, vêtu de son habituel sweat à capuche portant l’inscription “French Tech” sur la poitrine, Emmanuel Macron a affirmé avoir déjà “gagné la bataille idéologique de l’autonomie stratégique” de l’Europe.


Il n’a néanmoins pas abordé la question des garanties de sécurité américaines pour le continent, qui dépend fortement de la protection et de l’aide militaire des Etats-Unis dans le contexte de la première grande guerre terrestre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.


En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et seule puissance nucléaire de l’Union européenne, la France occupe une position unique sur le plan militaire. Mais le pays a beaucoup moins contribué à la défense de l’Ukraine contre l’invasion russe que beaucoup d’autres.


Comme c’est souvent le cas en France et dans de nombreux autres pays européens, l’Elysée a insisté pour vérifier et “relire” toutes les citations du président publiées dans cet article comme condition pour nous accorder cet entretien. Cela va à l’encontre des normes et de la politique éditoriale de POLITICO, mais nous avons accepté ces conditions afin de pouvoir parler directement avec le président français. POLITICO a insisté sur le fait que nous ne pouvions pas tromper nos lecteurs et ne publierions rien que le président n’ait pas dit. Les phrases citées dans cet article ont tous été prononcées, mais certaines parties de l’entretien, au cours desquelles le président a parlé de manière encore plus directe de Taïwan et de l’autonomie stratégique de l’Europe, ont été coupées par l’Elysée.


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Europe must resist pressure to become ‘America’s followers,’ says Macron

The ‘great risk’ Europe faces is getting ‘caught up in crises that are not ours,’ French president says in interview.


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"The great risk” Europe faces is getting "caught up in crises that are not ours," says Macron | Ludovic Marin/ AFP via Getty Images

BY JAMIL ANDERLINI AND CLEA CAULCUTT

APRIL 9, 2023 12:39 PM CET

6 MINUTES READ


ABOARD COTAM UNITÉ (FRANCE’S AIR FORCE ONE) — Europe must reduce its dependency on the United States and avoid getting dragged into a confrontation between China and the U.S. over Taiwan, French President Emmanuel Macron said in an interview on his plane back from a three-day state visit to China.


Speaking with POLITICO and two French journalists after spending around six hours with Chinese President Xi Jinping during his trip, Macron emphasized his pet theory of “strategic autonomy” for Europe, presumably led by France, to become a “third superpower.”


He said “the great risk” Europe faces is that it “gets caught up in crises that are not ours, which prevents it from building its strategic autonomy,” while flying from Beijing to Guangzhou, in southern China, aboard COTAM Unité, France’s Air Force One.


 Macron’s concept of strategic autonomy and Chinese officials constantly refer to it in their dealings with European countries. Party leaders and theorists in Beijing are convinced the West is in decline and China is on the ascendant and that weakening the transatlantic relationship will help accelerate this trend.


“The paradox would be that, overcome with panic, we believe we are just America’s followers,” Macron said in the interview. “The question Europeans need to answer … is it in our interest to accelerate [a crisis] on Taiwan? No. The worse thing would be to think that we Europeans must become followers on this topic and take our cue from the U.S. agenda and a Chinese overreaction,” he said.


Just hours after his flight left Guangzhou headed back to Paris, China launched large military exercises around the self-ruled island of Taiwan, which China claims as its territory but the U.S. has promised to arm and defend. 


Those exercises were a response to Taiwanese President Tsai Ing-Wen’s 10-day diplomatic tour of Central American countries that included a meeting with Republican U.S. House Speaker Kevin McCarthy while she transited in California. People familiar with Macron’s thinking said he was happy Beijing had at least waited until he was out of Chinese airspace before launching the simulated “Taiwan encirclement” exercise. 


Beijing has repeatedly threatened to invade in recent years and has a policy of isolating the democratic island by forcing other countries to recognize it as part of “one China.”


Taiwan talks

Macron and Xi discussed Taiwan “intensely,” according to French officials accompanying the president, who appears to have taken a more conciliatory approach than the U.S. or even the European Union.


“Stability in the Taiwan Strait is of paramount importance,” European Commission President Ursula von der Leyen, who accompanied Macron for part of his visit, said she told Xi during their meeting in Beijing last Thursday. “The threat [of] the use of force to change the status quo is unacceptable.”


Chinese President Xi Jinping and French President Emmanuel Macron in Guangdong on April 7, 2023 | Pool Photo by Jacques Witt / AFP via Getty Images

Xi responded by saying anyone who thought they could influence Beijing on Taiwan was deluded. 


Macron appears to agree with that assessment.


“Europeans cannot resolve the crisis in Ukraine; how can we credibly say on Taiwan, ‘watch out, if you do something wrong we will be there’? If you really want to increase tensions that’s the way to do it,” he said. 


“Europe is more willing to accept a world in which China becomes a regional hegemon,” said Yanmei Xie, a geopolitics analyst at Gavekal Dragonomics. “Some of its leaders even believe such a world order may be more advantageous to Europe.”


In his trilateral meeting with Macron and von der Leyen last Thursday in Beijing, Xi Jinping went off script on only two topics — Ukraine and Taiwan — according to someone who was present in the room.


“Xi was visibly annoyed for being held responsible for the Ukraine conflict and he downplayed his recent visit to Moscow,” this person said. “He was clearly enraged by the U.S. and very upset over Taiwan, by the Taiwanese president’s transit through the U.S. and [the fact that] foreign policy issues were being raised by Europeans.”


In this meeting, Macron and von der Leyen took similar lines on Taiwan, this person said. But Macron subsequently spent more than four hours with the Chinese leader, much of it with only translators present, and his tone was far more conciliatory than von der Leyen’s when speaking with journalists.


‘Vassals’ warning

Macron also argued that Europe had increased its dependency on the U.S. for weapons and energy and must now focus on boosting European defense industries. 


He also suggested Europe should reduce its dependence on the “extraterritoriality of the U.S. dollar,” a key policy objective of both Moscow and Beijing. 


Macron has long been a proponent of strategic autonomy for Europe | Ludovic Marin/AFP via Getty Images

“If the tensions between the two superpowers heat up … we won’t have the time nor the resources to finance our strategic autonomy and we will become vassals,” he said.


Russia, China, Iran and other countries have been hit by U.S. sanctions in recent years that are based on denying access to the dominant dollar-denominated global financial system. Some in Europe have complained about “weaponization” of the dollar by Washington, which forces European companies to give up business and cut ties with third countries or face crippling secondary sanctions.


While sitting in the stateroom of his A330 aircraft in a hoodie with the words “French Tech” emblazoned on the chest, Macron claimed to have already “won the ideological battle on strategic autonomy” for Europe.


He did not address the question of ongoing U.S. security guarantees for the Continent, which relies heavily on American defense assistance amid the first major land war in Europe since World War II.


As one of the five permanent members of the U.N. Security Council and the only nuclear power in the EU, France is in a unique position militarily. However, the country has contributed far less to the defense of Ukraine against Russia’s invasion than many other countries.


As is common in France and many other European countries, the French President’s office, known as the Elysée Palace, insisted on checking and “proofreading” all the president’s quotes to be published in this article as a condition of granting the interview. This violates POLITICO’s editorial standards and policy, but we agreed to the terms in order to speak directly with the French president. POLITICO insisted that it cannot deceive its readers and would not publish anything the president did not say. The quotes in this article were all actually said by the president, but some parts of the interview in which the president spoke even more frankly about Taiwan and Europe’s strategic autonomy were cut out by the Elysée.


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