Nations unies - Situation humanitaire en Ukraine - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 06/12/2022)
Madame la Présidente,
Je remercie M. Griffiths pour son intervention, ainsi que toutes les agences des Nations unies pour les opérations qu'elles conduisent dans des conditions très difficiles en Ukraine.
La Russie poursuit son agression et elle utilise désormais l'hiver comme une arme de guerre.
La France condamne avec la plus grande fermeté la poursuite des attaques massives de la Russie contre l'ensemble du territoire ukrainien. Elles ont de nouveau coûté hier la vie à des de nombreux civils, et endommagé des infrastructures essentielles. La France exprime ses condoléances aux victimes et aux proches des victimes. Ce ciblage systématique, alors que les températures sont désormais négatives, traduit une volonté claire de la Russie de faire souffrir le peuple ukrainien, de le priver d'eau, de chauffage et d'électricité dans l'espoir de miner sa résistance.
Le coût de la guerre pour les enfants est terrible. Plus de 500 infrastructures médicales ont été attaquées ou détruites selon l'OMS. Aujourd'hui, 3,3 millions d'enfants ont besoin d'assistance, selon l'UNICEF. Deux tiers des enfants ont été déplacés depuis le 24 février. 2500 écoles ont été détruites ou endommagées. 5 millions d'enfants sont déscolarisés. La France salue le travail de l'UNICEF et de l'UNESCO pour permettre à ces enfants déplacés d'avoir un accès à l'éducation, y compris à distance.
Elle condamne toutes les attaques délibérées contre les écoles et les hôpitaux. Ces actes sont des crimes graves punis par le droit international et font partie des graves violations établies par les résolutions de ce Conseil. Nous comptons sur le mécanisme de suivi et de communication des Nations unies pour documenter ces violations et attribuer les responsabilités. Ceux qui tuent des enfants et attaquent des écoles en violation du droit international humanitaire ont toute leur place sur la liste d'infamie du rapport annuel du Secrétaire général.
Dans ce contexte, la France continuera d'apporter son plein soutien à la justice ukrainienne et aux juridictions internationales, à commencer par la Cour pénale internationale.
Madame la Présidente,
Nous appelons une nouvelle fois la Russie à respecter l'ordonnance rendue par la Cour internationale de justice le 16 mars dernier, à mettre un terme à cette guerre injustifiable et dévastatrice et à retirer ses troupes du territoire ukrainien dans ses frontières reconnues au plan international.
La France salue les efforts du Secrétaire général, des agences des Nations unies et du CICR, qui ont permis d'évacuer plusieurs centaines de civils et de blessés des zones assiégées. Il est indispensable que ces évacuations se poursuivent, en laissant le choix aux évacués de leur destination. Le respect du droit international humanitaire et des droits de l'Homme n'est pas négociable. L'accès humanitaire doit être garanti.
Madame la Présidente,
C'est l'Ukraine qui se tient du côté de la paix dans ce conflit. Alors que le président ukrainien présentait aux membres du G20 son "plan de paix en 10 points", la Russie répondait par des frappes massives sur les villes d'Ukraine. C'est la Russie qui fait obstacle à toute paix, en s'enfermant dans une escalade consistant à essayer de briser la résistance du peuple ukrainien. Nous saluons l'effort du président Zelensky pour engager un chemin de paix. La France se tient prête à aider à bâtir une paix juste et durable.
Nous restons pleinement mobilisés en soutien à l'Ukraine et au peuple ukrainien. Face à l'urgence et alors que l'hiver s'installe, la France co-organise, avec l'Ukraine, une conférence internationale de soutien à la société civile ukrainienne, le 13 décembre prochain à Paris. L'objectif de la conférence est de mobiliser et coordonner l'aide pour aider la population ukrainienne à survivre à l'hiver, avec un accent particulier sur 5 domaines : l'énergie, l'eau, les infrastructures alimentaires et de santé, et les réseaux de transports.
Je vous remercie./.
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