Wednesday, November 2, 2022

Nations unies - Débat ouvert - Moyen-Orient - Intervention de Mme Nathalie Broadhurst, représentante permanente adjointe, chargée d'affaires de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 28/10/2022)

 Nations unies - Débat ouvert - Moyen-Orient - Intervention de Mme Nathalie Broadhurst, représentante permanente adjointe, chargée d'affaires de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 28/10/2022)

Je vous remercie, Monsieur le Président,

Et je remercie le Coordonnateur spécial pour son exposé.

Monsieur le Président,

La France est très préoccupée par la situation dans les Territoires palestiniens occupés, et notamment à Jérusalem-Est. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis le début de l'année 2022, plus de 120 Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem et de 20 Israéliens ont été tués, et beaucoup d'autres blessés.

Le niveau extrêmement élevé de tensions et le risque d'une nouvelle escalade de la violence nécessitent que toutes les parties réfléchissent aux conséquences de leurs actions futures. Et la France les appelle à s'abstenir de toute provocation et de toute action unilatérale, dans l'intérêt de tous.

La France ne transigera pas avec la sécurité d'Israël et elle condamne toute attaque ciblant son territoire ou ciblant ses ressortissants. Elle rappelle la nécessité impérieuse de respecter le droit international et particulièrement le droit international humanitaire.

Monsieur le Président,

Nous le savons, l'une des causes profondes de ce regain de violence, c'est la poursuite de la politique de colonisation, illégale au regard du droit international, et qui compromet un règlement politique du conflit israélo-palestinien, elle met en péril la possibilité d'une solution à deux Etats. La violence croissante des colons doit cesser et les responsables doivent répondre de leurs actes devant les autorités compétentes. La France condamne fermement l'avancement des plans d'extension, de création de colonies, et notamment dans la zone E1, elle condamne les évictions de familles palestiniennes, elle condamne les démolitions. Elle est également très inquiète des derniers développements à Massafer Yatta. Et nous appelons à suspendre les évictions, à suspendre les démolitions, qui constituent des violations de la IVe convention de Genève.

La montée des tensions s'explique également par les difficultés croissantes de circulation et d'accès des Palestiniens dans les territoires occupés. Ces restrictions, qui s'appliquent désormais également aux étrangers qui séjournent en Cisjordanie, ne sont pas acceptables.

Monsieur le Président,

La hausse des tensions et de la violence en Cisjordanie et à Jérusalem décrite par le Coordonnateur spécial illustre aussi l'urgence de la reprise de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. La France continue à soutenir la solution à deux Etats, ayant tous deux Jérusalem pour capitale. Elle est déterminée à oeuvrer à la mise en oeuvre de cette solution dans le cadre défini par le droit international, par les résolutions de ce Conseil et par les paramètres internationalement agréés. Il s'agit de la seule solution qui réponde aux aspirations légitimes des peuples israélien et palestinien à la paix et à la sécurité.

Monsieur le Président,

Face à l'urgence et à la gravité de la situation en Cisjordanie, ce Conseil se doit d'agir en appelant unanimement à la désescalade, afin d'éviter toute nouvelle spirale meurtrière. Et pour cela, il faut restaurer un horizon politique crédible pour désamorcer les tensions.

La France invite donc l'ensemble des membres du Conseil à contribuer activement à la reprise du processus de paix, elle se tient prête pour sa part à y contribuer aux côtés de ses partenaires, comme elle l'a réaffirmé à plusieurs reprises, y compris au président Abbas et au Premier ministre Lapid.

Je vous remercie./.

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