Sommet du G20 en Indonésie : Joe Biden et Xi Jinping font assaut de bonne volonté, sans avancée sur les sujets qui fâchent
Après environ trois heures d’entretien entre les deux dirigeants, les divergences profondes demeurent. Taïwan reste une ligne rouge pour Pékin, qui persiste à qualifier la situation en Ukraine de « crise ».
Par Frédéric Lemaître(Pékin, correspondant) et Philippe Ricard(Bali (Indonésie), envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 18h51, mis à jour à 20h02
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Les présidents Xi Jinping et Joe Biden, le 14 novembre 2022, à Bali, lors du sommet du G20. ALEX BRANDON/AP
Poignée de mains, sourires. Le président américain, Joe Biden, et son homologue chinois, Xi Jinping, se sont enfin rencontrés, lundi 14 novembre, à Bali, où ils s’apprêtaient tous deux à participer, les 15 et 16 novembre, au sommet du G20. « Nous avons passé beaucoup de temps ensemble du temps où nous étions tous les deux vice-présidents, et c’est un vrai plaisir de vous revoir », a amorcé Joe Biden à Xi Jinping, en retrouvant ce dernier dans l’hôtel où il réside. « Nous devons définir la bonne trajectoire pour la relation sino-américaine. Nous devons trouver la bonne voie pour que cette relation bilatérale aille de l’avant et s’élève », a assuré, pour sa part, Xi Jinping.
A la différence de leur entourage, les deux dirigeants ne portaient pas de masque, au fil de plus de trois heures d’entretien, le premier « en présentiel » dans leurs fonctions respectives. Si les divergences de fond demeurent, chacun a fait assaut de bonne volonté. Sans attendre la fin de la rencontre, le ministère des affaires étrangères chinois avait rendu publiques quelques phrases de Xi Jinping supposées marquer l’état d’esprit du dirigeant. Celui-ci jugeait que « l’état actuel des relations sino-américaines ne correspond ni aux intérêts fondamentaux des deux pays et des deux peuples ni aux attentes de la communauté internationale ».
« Nous partageons, à mes yeux, la responsabilité de montrer que la Chine et les Etats-Unis peuvent surmonter leurs différences, éviter que la concurrence ne tourne au conflit », a déclaré à son tour Joe Biden. « Nous pouvons trouver des moyens pour travailler ensemble sur des problématiques mondiales urgentes qui exigent que nous coopérions », a-t-il ajouté en faisant allusion à la lutte contre le changement climatique ou à l’insécurité alimentaire. Après l’entretien, le président américain a répété qu’il ne souhaite pas une « une nouvelle guerre froide » avec la Chine. Si aucun communiqué commun n’a été diffusé, les contacts bilatéraux doivent se poursuivre sur tous les sujets de frictions, ont convenu les deux dirigeants.
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Le président américain ferme sur Taïwan
Cependant, le résumé publié par le ministère des affaires étrangères chinois à la suite de la rencontre montre que les désaccords entre les deux premières puissances mondiales restent nombreux et que Taïwan constitue la principale pierre d’achoppement. Le communiqué y consacre un paragraphe. « La question de Taïwan (…) est la première ligne rouge qui ne doit pas être franchie dans les relations entre la Chine et les Etats-Unis. Résoudre la question de Taïwan est (…) une affaire intérieure à la Chine. » Le texte précise même que « la paix et la stabilité dans le détroit et l’indépendance de Taïwan sont aussi irréconciliables que l’eau et le feu ».
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