En écrivant à Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky s’adresse aux élites russes, lassées de la guerre en Ukraine

Derrière la proposition d’une main tendue, la lettre du président ukrainien au chef du Kremlin cherche à exploiter les failles de Moscou et la lassitude des Russes après quatre années de guerre de haute intensité. Son initiative intervient alors que ses partenaires européens tentent de reprendre la main sur les pourparlers de paix, délaissés par l’administration Trump.

Par (Monténégro, envoyée spéciale ), (Kiev, correspondant) et

Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 08h43

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Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, au Mur du souvenir des combattants tombés pour l’Ukraine, à Kiev, le 3 juin 2026.

L’idée mûrissait dans l’esprit de Volodymyr Zelensky depuis la fin du mois de mai. Au fil des jours, le président ukrainien aurait, aux dires de son entourage, soupesé, seul, chacun des mots employés dans sa lettre, imaginant blesser l’orgueil de son ennemi, Vladimir Poutine, au risque de l’humilier. La missive, cinglante, censée démontrer la supériorité de Kiev sur le champ de bataille et dévoiler les failles militaires, économiques et morales de Moscou, a finalement été envoyée jeudi 4 juin au chef du Kremlin, peu avant que ce dernier ne s’exprime depuis le Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

« C’est [Volodymyr] Zelensky lui-même qui a choisi le moment de le faire, ainsi que les idées à présenter », assure un officiel ukrainien, membre de l’administration présidentielle. Si le président travaille en étroite coordination avec ses partenaires européens, notamment ceux du E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), « personne ne savait qu’il était en train de rédiger cette lettre », jure ce représentant du pouvoir exécutif.

Adressée au président russe, mais destinée en réalité au monde entier, la lettre se présente comme une main tendue à M. Poutine. « L’Ukraine propose de mettre fin à cette guerre », écrit le président ukrainien, suggérant à son homologue de fixer une date pour une rencontre en terrain neutre, comme la Suisse, la Turquie ou un pays du monde arabe, en présence des Etats-Unis et des Européens. En guise de réponse, le président russe a d’abord invité M. Zelensky à Moscou. Puis, regrettant les « éléments d’impolitesse » de la lettre, il a affirmé qu’une telle rencontre n’avait « pas d’intérêt » avant qu’un accord final, satisfaisant les objectifs de la Russie, ne soit trouvé.

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