Friday, December 16, 2022

Nations unies - Maintien de la paix et de la sécurité internationales : nouvelle orientation pour un multilatéralisme renforcé - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 14/12/2022) Madame la Présidente,

Nations unies - Débat public - Maintien de la paix et de la sécurité internationales : nouvelle orientation pour un multilatéralisme renforcé - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 14/12/2022)


Madame la Présidente,

Je vous remercie d'avoir organisé ce débat, et je salue la participation du Secrétaire général et du Président de l'Assemblée générale.

L'ordre international multilatéral est aujourd'hui mis à mal par les partisans de la loi du plus fort. L'idée qu'un système international fondé sur des règles est le meilleur garant de notre sécurité et de notre prospérité n'est plus évidente pour tous.

Les défis auxquels le système international fait face appellent pourtant des réponses collectives. C'est vrai face aux enjeux économiques et de développement, de santé ou encore de lutte contre le changement climatique. La France est profondément attachée à un multilatéralisme fondé sur le droit international, dans toutes ses dimensions, y compris les droits de l'Homme et le droit humanitaire. C'est la meilleure réponse face à ces défis communs.

La réforme du multilatéralisme passe bien sûr par une revitalisation de l'Assemblée générale, une attention de tous les instants au multilinguisme, ou encore une vigilance face aux risques que la désinformation et l'attitude de certains Etats comportent pour le maintien de la paix.

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité reste la clé de voûte de notre architecture de sécurité collective. Je veux réaffirmer avec force que la France est favorable à une réforme du Conseil de sécurité, comme l'a redit le Président Macron à la tribune de l'Assemblée générale. Nous soutenons un élargissement du Conseil de sécurité pour tenir compte de l'émergence de nouvelles puissances qui ont la volonté et la capacité d'assumer la responsabilité d'une présence permanente au Conseil de sécurité.

Ainsi, la France apporte son appui à la candidature de l'Allemagne, du Brésil, de l'Inde et du Japon comme membres permanents. Elle souhaite également une présence renforcée des pays africains, parmi les membres permanents et parmi les membres non-permanents.

Un Conseil élargi pourrait compter jusqu'à 25 membres, ce qui le rendrait plus représentatif du monde d'aujourd'hui, tout en préservant sa nature exécutive et opérationnelle.

La France appelle à ce que le nouveau cycle de négociations intergouvernementales aboutisse à des résultats concrets et substantiels. Cela implique que nous avancions désormais sur la base d'un texte.

Alors qu'un membre permanent du Conseil de sécurité mène une guerre d'annexion, en violation de la Charte des Nations unies, nous sommes nombreux à plaider pour un encadrement du veto afin de renforcer la capacité du Conseil de sécurité à assumer pleinement ses responsabilités.

C'est dans cet esprit que la France, avec le Mexique, a proposé, dès 2013, que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité suspendent volontairement et collectivement l'usage du veto en cas d'atrocités de masse. Cette démarche volontaire n'exige pas une révision de la Charte mais juste un engagement politique des membres permanents.

Nous appelons tous les Etats membres à soutenir cette initiative, qui a déjà reçu le soutien de 106 Etats Membres.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de conclure en citant le Président Macron qui, devant l'Assemblée générale des Nations unies, précisait : "le multilatéralisme, c'est la règle du droit, c'est l'échange entre les peuples, c'est l'égalité de chacune et chacun d'entre nous, c'est ce qui permet de construire la paix et de relever chacun de nos défis".

Je vous remercie./.

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