Wednesday, November 12, 2025

Le Monde- Samedi 8 Novembre 2025 - Gaza : le projet américain de force internationale présenté à l’ONU - La résolution doit être discutée et amendée avant un possible vote à partir de janvier 2026

 Le Monde- Samedi  8  Novembre  2025 

Gaza : le projet américain de force internationale présenté à l’ONU

 La résolution doit être discutée et amendée avant un possible vote à partir de janvier 2026


 Les Etats-Unis souhaiteraient que la résolution concernant une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza soit adoptée au plus vite, afin d’en encadrer la présence, si possible, dès janvier 2026. Moins d’un mois après le fragile cessez-le-feu arraché, le 10 octobre, par Donald Trump entre Israël et le Hamas, les négociations formelles en ce sens ont commencé, jeudi 6 novembre, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, sur la base d’un texte déposé, la veille, par Washington.

 Le projet marque un tournant, alors que les Etats-Unis ont multiplié les veto tout au long de la guerre dans l’enclave palestinienne, afin de bloquer l’adoption par le Conseil de sécurité de résolutions mettant en cause les violations du droit international perpétrées par l’Etat hébreu.

 Cette fois, l’administration américaine a accepté de « tenir la plume » de ce projet de texte, censé donner un cadre onusien au déploiement de la force de stabilisation prévue dans le plan de paix de Trump, comme le souhaitent les pays arabes ou musulmans, susceptibles, à l’instar de l’Indonésie, d’envoyer des troupes dans le territoire palestinien.

 Une initiative plutôt saluée par les 15 pays membres du Conseil, bien que le texte soit encore loin d’être finalisé, en dépit d’intenses consultations préliminaires ces dernières semaines. « Nous voulons jouer un rôle constructif dans ce projet de résolution », a indiqué, jeudi, Pascal Confavreux, le porte - parole du Quai d’Orsay, tout en jugeant que celui-ci devait « être discuté ». « Nous serons aussi extrêmement vigilants à ce que les positions des pays arabes voisins puissent être reflétées, à terme, dans ce projet de résolution », a-t-il dit. Aucune mention n’est, par L’Indonésie, l’Egypte, l’Azerbaïdjan ou la Turquie ont dit leur intention de mettre des troupes à dispositionexemple, faite de la solution à deux Etats, que le plan de Trump s’est bien gardé de mentionner explicitement pour ne pas braquer le gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

 Présente au moins jusqu’en 2027

 D’après le projet de texte, la force internationale devrait être présente au moins jusqu’au 31 décembre 2027, mais son mandat pourra être renouvelé, en fonction de la situation dans le territoire. Les noms des pays contributeurs ne sont pas mentionnés, ni la nation-cadre susceptible de coordonner et de commander les opérations – à ce jour, l’Egypte, l’Azerbaïdjan ou la Turquie ont fait part, en plus de l’Indonésie, de leur intention de contribuer à cette mission, en mettant des troupes à disposition.

 Il est par ailleurs mentionné que le déploiement de cette force devrait être opéré sous l’égide du board of peace, le comité pour la paix, esquissé par le plan amé ricain, qui doit être présidé par Donald Trump en personne. S’il y est question, à plusieurs reprises, de cette instance chère au locataire de la Maison Blanche, le texte minimise tres largement le role de l'Autorité palestinienne dans le pilotage futur du territoire. Il confirme, en revanche, la mise en place d'ı-une administration transitoire palestinienne composée de technocrates et elle aussi supervisée par le comité pour la paix.

 

 « La force internationale de stabilisation devra travailler avec Israël et l’Egypte », est-il précisé, pour mener à bien ses missions. La première d’entre elles consiste à stabiliser la sécurité de l’enclave, en assurant notamment la démilitarisation du Hamas, une opération considérée comme des plus compliquées après deux ans de guerre, alors que l’organisation responsable des attaques du 7 octobre 2023 contre Israël est affaiblie, mais pas anéantie. Il s’agit de mener « la destruction et de prévenir la reconstitution d’une infrastructure militaire et terroriste offensive, ainsi que le démantèlement permanent des armes des groupes armés non étatiques », selon le projet mis sur la table par l’administration Trump.

 La force de stabilisation devra encore, dit le texte, assurer la sécurisation des frontières de l’enclave, la « protection des civils » et l’accès de l’aide huma nitaire, ainsi que la formation et le soutien des forces de police palestiniennes, censées remplacer celles du Hamas. Le cadre ainsi esquissé de manière très générale devrait cependant nourrir les discussions onusiennes, car il fait la part belle au plan Trump et aux positions israéliennes. Les principes de nondéploiement des forces israéliennes dans la bande de Gaza, dans les zones qu’elles n’occupent pas, ou leur retrait progressif de celles où elles demeurent sont ignorés.

 Avant de s’engager sur le terrain ou de financer les opérations, les capitales arabes attendent des précisions. Pour elles, les forces mandatées devront être acceptées, non seulement par l’Etat hébreu, mais aussi par la partie palestinienne. Les Européens n’en sont pas moins attentifs, mais sans multiplier les commentaires officiels, de crainte d’agacer la diplomatie américaine. Rien n’est dit sur leur éventuelle implication, notamment pour former les forces de l’ordre palestiniennes.

 Financement non précisé

Un autre enjeu concerne le rôle des Nations unies et de son Conseil de sécurité dans la supervision de la mise en œuvre de la résolution, plutôt éludé par le projet de texte. Rien n’est précisé non plus sur le financement de cette mission de stabilisation, qui devrait être largement porté, de l’avis des Américains, par les Etats du Golfe, Arabie saoudite en tête.

Washington presse les membres du Conseil, mais aucune date n’est encore fixée pour un vote sur ce projet. Au moins neuf Etats membres doivent soutenir la résolution pour qu’elle soit adoptée. Et celle-ci ne doit faire l’objet d’aucun veto de la part de ses cinq membres permanents (Etats -Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni). « Le passage par le Conseil de sécurité, qui n’était pas mentionné dans le plan Trump, est bienvenu pour donner un cadre légal à la mission. Chacun est soucieux d’aller de l’avant », veut croire un diplomate, sans être en mesure de dire quand la résolution pourrait être soumise au vote. Le président américain s’est montré lui très optimiste, jeudi, assurant que la force interna tionale serait mise en place « très bientôt ». pphilippe ricard

No comments:

Post a Comment