Nations unies - Ukraine - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 29/06/2023)
Monsieur le Président,
Je remercie Mme Nakamitsu pour sa présentation.
La Russie porte seule la responsabilité de cette situation. C'est elle qui a décidé, en violation de toutes les normes du droit international, et au nom d'une tentative grossière de réécriture de l'histoire, d'agresser un pays souverain voisin. Nul autre qu'elle ne cherche à entretenir la guerre contre l'Ukraine. Elle peut y mettre un terme à tout moment, en retirant ses troupes, comme la Cour internationale de justice l'a exigé il y déjà plus d'un an. Contrairement à ce que la Russie affirme, l'Ukraine n'a jamais représenté une menace, ni pour l'intégrité territoriale de la Russie, ni pour les populations russophones d'Ukraine.
Notre position est constante : l'agression menée par la Russie ne doit pas et ne sera pas récompensée. Car elle bafoue les principes des Nations unies. Car elle banalise le recours à la force. Car elle augure d'un monde où la souveraineté des Etats ne dépendrait plus que des rapports de force.
Monsieur le Président,
L'Ukraine n'a pas voulu la guerre et n'a rien fait pour la provoquer. Celle-ci menace la sécurité de l'ensemble du continent européen. C'est pourquoi, la France, avec ses partenaires, a fait le choix de soutenir résolument le peuple ukrainien dans son droit légitime à la défense de sa souveraineté et de l'intégrité territoriale, deux principes qui sont au coeur de notre Charte. Nous continuerons de le faire à titre bilatéral et via l'Union européenne, tant que des soldats russes se trouveront illégalement sur le territoire de l'Ukraine.
En concentrant nos efforts sur les capacités anti-aériennes, nous aidons le peuple ukrainien à se défendre face aux frappes russes contre les infrastructures civiles. Avant-hier encore, la Russie a visé un restaurant à Kramatorsk avec une frappe de missile qui a fait au moins 11 morts et 61 blessés. Ces frappes systématiques contre les infrastructures civiles sont constitutives de crimes de guerre.
Ces dernières semaines, nous avons intensifié les livraisons d'armes et de munitions, de véhicules blindés, de soutien logistique et nos actions de formation. En appuyant la contre-offensive ukrainienne, nous souhaitons mettre l'Ukraine en position de force pour créer les conditions de la tenue de négociations crédibles débouchant sur une paix juste et durable.
Monsieur le Président,
Pour masquer ses responsabilités, la Russie cherche à détourner l'attention en s'appuyant sur les analyses des soi-disant experts que nous avons entendus aujourd'hui.
Mais pour soutenir son agression, elle se procure des drones de combats iraniens qu'elle lance contre les infrastructures civiles. Elle achète en secret des missiles et des munitions à la Corée du Nord. Elle fait tout cela en violation des résolutions du Conseil de sécurité.
Certaines de ces armes sont utilisées sur le terrain par des milices financées par l'Etat russe. La Russie commence aujourd'hui à mesurer le coût de ce choix pour elle-même. Elle est atteinte par l'instabilité qu'elle a elle-même causée.
Monsieur le Président,
Cette agression a des répercussions catastrophiques pour l'Ukraine et pour le monde entier. Mais elle est aussi une impasse pour la Russie, qui doit réaliser que notre soutien à l'Ukraine ne faiblira pas. Et qu'il n'y a qu'une seule issue possible : une paix conforme à la Charte des Nations unies, qui respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Je vous remercie./.
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