Le ressentiment croissant de Washington contre l’OTAN, « tigre de papier » se dérobant face à l’Iran

Pour l’administration Trump, les pays alliés membres de l’Alliance atlantique ne seraient pas au rendez-vous de la solidarité avec les Etats-Unis, ni de leurs propres intérêts commerciaux dans le détroit d’Ormuz. La rancœur est particulièrement forte vis-à-vis de l’Espagne, de la France et du Royaume-Uni.

Par  (Washington, correspondant)

Publié aujourd’hui à 06h15, modifié à 08h44

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Le destroyer lance-missiles « USS Rafael-Peralta » bloquant un navire battant pavillon iranien qui tente de se rendre dans un port de la République islamique, le 24 avril 2026 (photo mise à disposition par le commandement central américain).

Le divorce semble improbable, mais l’éloignement, irrésistible. Ainsi se présente, sous l’administration Trump, la triste condition de l’Alliance atlantique. La Maison Blanche a beau considérer la guerre contre l’Iran comme un triomphe militaire, son irritation ne cesse de grandir à l’égard des pays de l’OTAN.

Ceux-ci ne seraient pas au rendez-vous de la solidarité avec les Etats-Unis, ni de leurs propres intérêts commerciaux dans le détroit d’Ormuz, étranglé par Téhéran. Washington aurait ainsi souhaité que les pays européens envoient sans délai des forces navales pour participer aux opérations de déminage et de sécurisation de l’artère stratégique. En sens inverse, les Européens n’envisagent pour leur part un engagement qu’à compter du moment où un cessez-le-feu durable et négocié sera entré en vigueur. Leur message implicite : que les Américains réparent ce qu’ils ont cassé.

Début avril, Donald Trump qualifiait l’Alliance de « voie à sens unique ». Son secrétaire d’Etat, Marco Rubio, parlait dans la foulée d’un nécessaire « réexamen » de la relation. Vendredi 24 avril, au cours d’un point presse, le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, se plaçait dans le même registre. « Nous ne comptons pas sur l’Europe, a-t-il expliqué, mais ils ont besoin du détroit d’Ormuz bien plus que nous, et ils devraient peut-être faire moins de discours et de conférences sophistiquées en Europe et envoyer un bateau. C’est bien plus leur combat que le nôtre. L’Europe et l’Asie ont bénéficié de notre protection pendant des décennies, mais le temps du resquillage est terminé. »

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