Monday, July 3, 2023

Nations unies - Syrie - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 29/06/2023) Madame la Présidente,

Nations unies - Syrie - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité (New York, 29/06/2023)

Madame la Présidente,

Je remercie Mme Rochdi et M. Griffiths pour leurs interventions.

J'aimerais insister sur trois points.

Le conflit syrien a débuté il y a douze ans. Ces douze années de guerre se résument ainsi : plus de 500.000 morts ; plus de 130.000 personnes disparues ; déplacement forcé de 12 millions de Syriens ; utilisation par le régime d'armes chimiques contre sa propre population ; recours systématique à la torture et aux violences sexuelles dans les lieux de détention du régime ; et à présent, narcotrafic. Cette guerre n'est pas terminée, comme l'ont prouvé les bombardements récents dans la province d'Idlib. La France condamne ces actes avec la plus grande fermeté.

C'est pourquoi, Bachar Al-Assad, qui est responsable de ce drame sans précédent, ne peut être réhabilité sans condition. Ce serait tout à fait antinomique avec l'établissement d'une paix durable en Syrie.

Les responsables de ces crimes doivent rendre des comptes. Les sanctions européennes ne visent précisément qu'à entraver les marges de manoeuvre des auteurs de ces crimes ainsi que leurs sources de financement.

Face à ce drame, la France et l'Europe se sont mobilisées.

Depuis 2011, la France, l'Union européenne et ses Etats membres ont financé les agences des Nations unies et les acteurs de la société civile à hauteur de 30 milliards d'euros, en Syrie et dans les pays voisins. La septième édition de la conférence de Bruxelles a permis de renouveler ce soutien, la France a annoncé une contribution de 540 millions d'euros pour 2023. Ceux qui, à cette table, se montrent les plus sourcilleux sur les modalités de l'aide, comme la Russie, n'en fournissent en réalité aucune ou presque, et se contentent de contribuer en bombardements.

La corruption endémique est à l'origine de détournements de l'aide. Le peuple syrien en est la victime. Nous saluons au contraire tous les pays de la région qui, malgré les contraintes, accueillent des réfugiés. Notre devoir est de les aider.

Seule une solution politique permettra de mettre un terme aux souffrances des Syriens.

Les séismes du 6 février n'ont fait qu'accentuer une situation humanitaire déjà très détériorée. Le Secrétaire général l'a dit on ne peut plus clairement : le mécanisme transfrontalier demeure essentiel. Son renouvellement pour une durée de 12 mois permettrait aux acteurs humanitaires de disposer d'une nécessaire prévisibilité.

Mais pour conclure, je souhaite rappeler que la réponse humanitaire ne doit pas et ne peut pas se substituer à un règlement politique. Le retour à la stabilité, en Syrie et dans la région, ne sera possible que par une solution politique répondant aux aspirations de tous les Syriens. La résolution 2254 constitue une feuille de route, avec des paramètres clairement identifiés. Le régime syrien n'a hélas fait aucune concession. C'est pourquoi nous continuerons à être exigeants : le régime doit faire des gestes tangibles afin qu'un véritable processus politique soit engagé. Dans ce contexte d'obstruction délibérée, nous réaffirmons notre plein soutien à la médiation menée par Geir Pedersen. Et nous appelons tous les acteurs à soutenir son approche "step for step".

Je vous remercie./.


No comments:

Post a Comment